Voir les différents jeux testés
Voir la liste des dossiers du site
Voir les liens de Bouledefeu.com

De la NES (part 2)

Dossier NES, partie 2 (accessoires)

Rakugakids

Plateforme : Multi supports
Genre : Combat N64
Editeur : Konami
Année : 1998
Article par : Mantis
Dessin par : Ukyo

 
Incompréhension mélée d'incertitude

Crayola. 7 lettres magiques qui résonnent encore dans le coeur des grands enfants que nous sommes, tel les battements de notre coeur mené tambour battant quand maman arrivait près du mur auparavant immaculé, hurlant que non, ça ne se fait pas de retravailler la déco de la maison à coup de pastels, surtout quand papa vient de repeindre le mur du salon et que occupe t'en un peu de ton gosse, je l'ai pas fait toute seule (en éspérant que vous aurez autant de mal à lire cette phrase que moi à l'écrire). Et bien ces Crayola, nul doute que l'équipe de Konami a dù en user plus d'un dans la conception de ce jeu qui tient autant du caprice de gosse que du rêve de graphiste fou: Rakugakids.

Pourquoi ce jeu? Aucune idée. Tablons sur la folie d'un homme seul qui, déçu de n'avoir aucun talent en matière de dessin, se jeta à corps perdu dans la création de jeux vidéos. Après avoir trouvé un boulot chez Konami, une soirée de pleine lune, il prit d'assaut la palette graphique d'un collégue designer ainsi qu'une grande revanche sur la vie en créeant ce petit bijou de créativité concepto-bastonienne. Où ça nous mène la folie des hommes...

Un demi-timbre poste?

Le scénario de Rakugakids tiendrait facilement sur un timbre-poste. Peut-être même que l'on pourrait l'y mettre 2 fois sur le même timbre. Et pour vous, en exclusivité, l'intégralité du scénario dévoilé à l'arrière de la boîte du jeu:

"Le chaos règne à Twinkle Town, des graffitis réalisés par des gamins grâce à des crayons magiques sont subitement venus à la vie et sèment une pagaille inimaginable".

Bref, c'est la merde à Twinkle Town et il ne tient qu'à vous de remettre un peu d'ordre dans cette ville corrompue par l'argent et le vice...enfin les bonbons et les figurines panini.

Vous voilà donc avec un choix de 7 gamins plus un caché (mais lui on en parle pas, c'est un méchant) prêts à tout pour ramener l'ordre à Twinkle Town. Chacun de ces justiciers de cour d'école possède un dessin qu'il envoie se battre pour remettre cette foutue ville à l'endroit:

Le héros, Andy, avec sa bouille d'écolier bon mais sans plus, a droit à un super astronaute. DDJ, le petit sportif, a un chat super funky qui fait de la musique, tandis que Val la brute se coltinera un espèce de chewing-gum sans nom aux onomatopées plus que tendancieuses... Tous les personnages ont vraiment une "touche" et leurs petites animations décrocheront plus de sourires que ne le font ce genre de jeux à l'accoutumée.

Ciel, mon arty!

Graphiquement, c'est ce qu'on appelerait très communément un "truc de dingue". Je m'explique: Chaque personnage du jeu est cerné avec un gros trait noir, comme si on apposait une bordure de Cel-shading sur des sprites 2D. Ensuite, le coloriage des personnages (car c'est bien de ce mot-là qu'il s'agit) est fait comme si un enfant avait pris un gros feutre Crayola (nous y revenons) et en avait barbouillé le sprite. D'ailleurs, là, tout de suite, je me demande pourquoi je m'escrime à vous expliquer à quoi ressemblent les pesonnages alors que les images au dessus et au dessous des mots qui ne veulent rien dire sont bien plus parlantes que mes "Michel Chevaletteries".

Il me sera plus intéressant de vous dire qu'il est possible de passer du mode graphique "painting" (Crayola) au mode "Drawing" (tableau noir). Cette différence est amusante mais ne dépasse pas le simple stade de "bonus même pas caché".

Soit. Graphiquement, c'est très coloré, avec des personnages drôles, plein d'animations rigolotes. Celles de Mamezo, le chewing gum jaune, valent vraiment le coup: il se transforme en fer à repasser, en marteau ou encore en blob, agrémentant le tout de "Aeoooww" plus qu'intrigants. Ajoutez des furies excellentissimes (du style "vas-y que j't'attache à une fusée, que tu fais le tour du monde et que tu redescend pile là d'où t'es parti, mais avec beaucoup de vie en moins"). Plus des stages classiques mais sympas (mention spéciale au stage avec le miroir, affichant tout le combat en reflet derriere, ce qui doit être ereintant pour une N64). Mais qu'est ce qui fait qu'on y accroche autant? Serait-ce le gameplay? (habile transition)

Là où on dit "ben nan, c'est pas ça!"

Le gameplay n'est pas super original pour un jeu de baston. Coups de poings et de pieds faibles, moyens ou forts, projections, et coups spéciaux (en quarts de tour, à la street fighter). Par dessus tout ça, des furies déclenchables par un système de jauges colorées apportant jusqu'à 3 jolis crayons qui autorisent autant de furies. Elles sont toutes utilisables avec un double quart de tour avant ou arrière + B ou, une version simplifiée, avant ou arrière + R. Je n'ai par ailleurs jamais vu une jauge monter aussi lentement, c'est une véritable torture. Rien de bien extraordinaire donc.

Et en même temps, l'on se dit que ce qui est "normal" pour un simple jeu de baston est vraiment bien par rapport à ce que l'on pouvait attendre d'un "jeu pour gosses" comme celui-ci. On est donc constamment étonné par des petites subtilités comme le fait qu'il y ait une furie offensive, une défensive, et une qui sert à la contre-attaque (Par contre, je dois avouer que, malgré sa présence explicite dans la notice, je n'ai jamais réussi à faire une furie de contre-attaque et que je ne vois pas de grande différence entre les furies offensives et défensives).

Le fait que l'on puisse annuler un coup pour en placer un autre plus vite, un peu comme n'importe quel cancel de jeu de baston "serieux", continue d'étonner. Ils sont des plus simples à caser. Toutes ces petites choses donnent au jeu un petit truc qui le rend crédible en tant que jeu de baston plus qu'en tant que "foire d'empoigne"...

Petite resèrve tout de même, on a tendance à sauter dans tous les sens et à lâcher les coups un peu n'importe comment,ce qui donne une impression bizarre de vieux jeu "zero gravité" avec des doubles sauts interminables aux points de chutes imprécis . Alors oui, c'est très, très sympa à jouer, mais c'est un peu brouillon, et ça manque quand même d'originalité tout ça ma petite dame. Alors pourquoi est-ce que vous continuez a m'en acheter?

Ca ne serait quand même pas ça... Si?

Attention, tirade: Rakugakids est un jeu à part autant qu'il est un jeu comme les autres. En jeu de combat, il se pose avec un gameplay classique et un peu rigide, presque désagréable, un peu comme un mauvais jeu SNES en son temps. D'un autre côté, son ésthétique à part, ses personnages délirants, ses furies extraordinaires (notez l'euphémisme auquel je me contraint pour ne pas vous dire à quel point elles sont classieuses) et son ambiance complétement déjantée font de ce Rakugakids un excellent passe-temps baston sur N64, à condition d'apprecier le trip.

En dehors de ça, il me paraît interessant de signaler que le BearTank de WaiWai racing (Konami Krazy Racers en Europe) sur GBA semble provenir de Rakugakids, à moins qu'ici aussi il vienne d'un jeu anterieur. Notez également qu'il ne faut pas confondre ce "Rakugakids" avec "Rakugaki Showtime" de Treasure sur PsOne, autrement plus brouillon dans le genre (la petite blague pour finir).

En guise de vraie conclusion, je vous dirais que si depuis votre prime enfance vous rêvez de voir des dessins d'enfants se mettre sur la gueule dans la joie et la bonne humeur, au milieu de couleurs pétaradantes mais jamais criardes, vous pouvez entrer dans le monde merveilleux de Rakugakids et ce, sans même user d'aucuns psychotropes avant l'experience!

(ND G_G: )Un grand merci à Ukyo pour le dessin tout sympa. Retrouvez ses illustrations ici: http://hellboy.free.fr/ukyo

 
 
 
Des questions ? Pour en savoir plus n'hésitez pas à visiter notre forum