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Ridge Racer 4

Quelques grammes de flous artistiques dans un monde de brutes

Les Demomakers

Plateforme : Multi supports
Genre : Demos
Editeur :
Année : Années 90
Article par : JCV
Dessin par : Gentil_g

 
Introduction

- dis papy, c'est quoi un demomaker ?
- bon déjà gamin, ne m'appelles pas papy, je ne suis pas si vieux que ça non mais oh !
- du calme papy, penses à ta pile (hihihi)…
- *soupir*… Bon bref, installez-vous les enfants. Pour comprendre les demomakers, il faut d'abord que je vous parle de leurs ancêtres, les pirates (*un frisson parcoure l'assistance*), dont l'existence remonte au début de la création, ainsi que nous l'apprennent les Saintes Ecritures :

La Genèse

Bien : " Au début, il n'y avait rien. Puis, après quelques milliards d'années d'ennui, le Dieu de l'informatique décida de créer l'ordinateur familial, afin d'ajouter un peu de ludisme à la vie des hommes. Il envoya sur Terre des Editeurs, dont la mission consista à proposer à l'homme des programmes d'amusement en échange de quelque argent durement gagné. Mais la tentation de copier les logiciels sans les avoir acheter fût grande et le piratage informatique se développa. Les Editeurs tentèrent de protéger leurs programmes par des systèmes anti-copie, mais cela ne fit qu'engendrer un nouveau genre d'utilisateurs : capables de redoubler d'ingéniosité pour copier l'incopiable, au prix de quelques heures de sommeil, de litres de café (et de bière aussi). A terme, aucun programme ne pouvait leur résister : Les crackers étaient nés. "

Oui bon, et les démos?

Obligé de ne pas dévoiler sa vraie identité pour des raisons évidentes, le cracker avait pour habitude de signer son méfait grâce à un pseudonyme (une tradition qui restera). Rapidement, l'usage de logos et d'animations (au début en mode texte) fut de rigueur. Et, chose étrange, commença une rivalité entre les pirates, chacun tentant une signature plus belle, plus technique, et y ajoutant des dessins et de la musique : de vraies petites intros au logiciel piraté… Les crackers étant de plus en plus nombreux, il n'y eu bientôt même plus d'exploit à pirater un programme. Et certains groupes commencèrent à abandonner le cracking pour faire des programmes " autonomes ", des animations repoussant sans cesse les limites de la machine, le tout dans un cadre plus légal, bref… des démos.

Underground au début (toujours aujourd'hui, remarquez), le phénomène Démo prends de l'ampleur. Et afin de se démarquer des rencontres entre les pirates, il est vite devenu logique d'organiser des compétitions régulières entre les groupes. Qu'elles aient lieu en France, en Finlande, en Italie ou ailleurs, certaines demoparty sont devenues très populaires et internationales (The Party, Mekka, Assembly, etc.)

There can be only one

Les démos peuvent se diviser en plusieurs types. Les intros 4ko : ce type de démo est extrêmement contraignant pour les codeurs, car la démo ne dois pas occuper plus de 4ko (d'où son nom. Logique, non ?). Les intros 64ko : idem, mais avec 64ko ce qui est quand même moins strict. Et enfin les démos, dont la taille n'est pas limitée, et qui sont les productions les plus belles mais pas forcément les plus techniques… D'autres catégories ont fait leur apparition par la suite dans les demoparty : les musiques à 4 voix, les musiques multi voix, les graphismes, etc. Beaucoup avec leurs contraintes, qui peuvent varier d'une party à l'autre. Il y a aussi des compétitions surprises, comme par exemple créer une image autour d'un thème donné en 2 heures maximum.

Et même si chaque groupe tente d'être meilleur que les autres, il ne s'agit pas pour autant d'une guerre. Il règne au contraire un esprit assez fraternel et beaucoup de groupes donnent volontiers des conseils aux débutants. Les parties sont surtout l'occasion de se retrouver quelques jours, et de partager une expérience commune dans la bonne humeur. Ainsi, dans une démo il existe une partie traditionnelle (les greetings) consistant à saluer les autres groupes. Là encore, les demomakers rivalisent d'originalité pour présenter les noms des groupes amis, et c'est toujours un grand moment de lire le nom de son propre groupe dans une autre démo…

Le contenu d'une démo

Toutes les démos contiennent de la 2D ou/et de la 3D, des effets visuels aux noms barbares (metaballs, scrollers, blur, bump, blurp, etc.), des graphismes 2D souvent magnifiques (les dessins scannés sont d'ailleurs très mal perçus dans la scène démo), des musiques généralement soignées, et un grand sens du design… La Démo porte bien son nom puisqu'il s'agit d'une démonstration technique des capacités d'une machine, et des connaissances des programmeurs. Chaque démo apporte son lot d'innovation, et certaines s'inspirent des jeux vidéo. Par exemple peu après la sortie de Thème Park, la démo Toasted proposa une ballade vertigineuse en montagne Russe. Ou encore Magic Carpet 64 (rien à voir avec Nintendo) qui imitait le jeu Magic Carpet en seulement 64ko !

Ah d'mon temps ma pauv' dame

Tous vous le diront, l'age d'or de la Démo eu sans doute lieu à l'époque où le marché était dominé par l'Amiga et l'Atari ST. Hé oui même sur la scène démo, la confrontation entre ces bécanes fit rage, les démos devenant le meilleur moyen de prouver que sa machine était la plus performante (en particulier à une époque où tout restait encore à découvrir). De manière générale, on s'accorde à dire que l'Amiga était meilleur, sans doute grâce à ses capacités visuelles plus poussées (le mode plein écran étant en théorie impossible sur ST, même si certains petits génies se sont fait une joie de prouver le contraire). Plus tard, c'est sur PC qu'on retrouva les demomakers, une machine intéressante grâce à sa capacité à évoluer. Beaucoup de groupes et d'amateurs de démos ont boudé ce passage sur PC car il correspondait au passage à la 3D, qui était au début nettement moins charismatique que la 2D (pour ne pas dire franchement moche ^_^). Et puis personnellement je crois aussi que les possibilités d'évolution du PC ont diminué le besoin d'optimiser les démos, ce qui est très regrettable.

En définitive, qu'ils soient graphistes codeurs ou musiciens, on retrouve aujourd'hui beaucoup de noms d'anciens demomakers dans des génériques de jeux vidéo, belle reconnaissance de leurs talents. Certains sont aussi à l'origine d'un bon nombre d'émulateurs, qui nous permettent non seulement de jouer à un tas de bons vieux jeux, mais aussi de retrouver toutes les démos de l'époque…

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