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Gargoyle's Quest

Certainement l'un des jeux les plus aboutis de la gameboy, habile mélange d'action et d'aventure

Robocop 3

Plateforme : Amiga
Genre : Ennui multi épreuves
Editeur : Ocean
Année : 1991
Article par : Tanguy
Dessin par : Benjamin Carré

 
Dimanche.

Il y a des jours comme ça. Il fait un temps moyen, le ciel est blanc, on est en caleçon, on se lève tard, on ne fait rien, on s'ennuie, on ne sort pas, les oreilles sont chaudes et le moral est neutre. Dimanche dans toute sa splendeur.
Robocop3 est un dimanche vidéoludique. Gris, morne, et mou. Il possède la faculté de vous hypnotiser, ce jeu est envoûté. Que ce soit bien clair, vous ne vous amuserez pas une seule seconde en y jouant, mais pourtant vous ne pourrez pas en décoller, un peu comme on ne décolle pas de chez soi un dimanche.


Vroum.

Les musiques à elles seules vous propulseront à des hauteurs atmosphériques d’ennui. Le thème principal, triste et mortuaire, semble avancer vers nous comme un gros pachyderme engourdi par le désœuvrement. Le temps de choisir une mission proposée par des présentateurs de journal chiants et difformes et vous voilà parti sur les routes grises des banlieues grises de Detroit au volant de votre voiture grise afin d’appréhender des bandits gris. Le thème musical s’énerve un peu et évoque maintenant un moustique atteint de narcolepsie : enivrant et malsain. La conduite à la souris dans ces rues sinistres vous tiendra en haleine jusqu’à la rencontre une ou deux heures de jeu plus tard avec une voiture de suspect. Le jeu se transforme alors en un palpitant ChaseHQ au ralenti, et ce n’est qu’au prix de queues de poisson molasses à sept kilomètres/heure que la fourgonnette grise remplie de suspects à la gâchette facile explose, dans des volutes de fumée grise. C’est un peu triste, c’est la fin d’un bon moment passé au volant. Le cerveau vide, blasé de tant d’ennui, grisé même, on se sentait incroyablement bien.


Pan.

Plus tard, Robocop notre héros gris, mis en appétit par cette balade apéritive, va délivrer des otages gris dans les couloirs gris et sans fenêtres de la tour de l’OCP qui est prise d’assaut par des terroristes gris. La musique qui se voudrait alors angoissante et mystérieuse ne réussit qu’à être lancinante et, pour tout dire, berçante. Quel délice que de prendre l’ascenseur de l’immeuble et de monter en temps réel pour arriver aux bureaux pris d’assaut. On peut imaginer que Robocop va au travail, ou bien qu’il part en fusée, on peut aussi penser à Lundi quand on va retourner au bureau. A peine le temps de s’ennuyer que, ding, on est arrivé. Alors qu’une douce torpeur pourrait vous envahir, un ennui encore plus grand vous saisit à la moelle pour vous tenir éveillé dans ce simulacre de Counter-Strike en 3D grise. C’est parti, tout à la souris, une pression sur le bouton gauche fait crépiter l’Auto-9 gris de notre héros. Pan ! Les balles invisibles fusent ! Une pression sur le bouton droit, et le robot avance à la cadence d’une tortue rhumatisante vers son destin. Si d’aventure un terroriste gris vous avise, c’est la fusillade ! Et là quelle aventure les enfants ! L’homme reste tel un piquet sans bouger et vous arrose d’une à deux balles par minute. Heureusement l’emmerdement le plus gris n’a jamais rouillé les réflexes d’airain de Robocop qui a tout le temps de viser proprement pour abattre le faquin. Une fois la tour de l’OCP nettoyée, Robocop a droit à sa photo en noir et gris au journal de vingt heures toujours présenté par les mêmes présentateurs fixes et laids.


Paf.

Maintenant Robocop doit prouver sa supériorité au corps à corps dans un duel sans merci et sans couleurs contre Otomo, le cyborg ninja gris. L’action se déroule dans un hangar gris en vue à la Alone in the Dark. Le félon est armé d’un katana qui coupe même le métal hyper-résistant et gris dont est fait notre héros. Ce dernier, d’un naturel loyal et ennuyeux, se sert de ses petits poings pour rosser le vilain. L’action est trépidante : Otomo saute partout et le framerate catastrophique du jeu fait presque croire qu’il pratique l’art de la télétransportation. Vite ! Appuyons sur la barre d’espace pour voir notre ami Robocop tendre la main. On dirait qu’il propose un biscuit ou quelque chose d’autre, mais non, c’était un coup de poing. La bataille est ennuyeuse au delà de tout ce que vous pouvez imaginer, mais néanmoins captivante, on est comme magnétisé par la lassitude devant son écran. Robocop est la non-maniabilité personnifiée, il se traîne, il se dandine, il sort de l’écran, il est perdu. Pendant ce temps, Otomo, pour tromper l’ennui, fait des pirouettes sort son sabre, le range, salue le vent, fait des katas gris et sans entrain au hasard de ses envies. Le tout dans un silence de mort . Frôlant l’apoplexie, on arrive à mettre le cyborg nippon KO à grands coups de biscuits ou d’autre chose. Victoire, la joie se lit sur le visage gris de Robocop !


Zou.

Allez, youpi et bravo Robocop ! Tu a gagné un tour en JetPack (presque) comme dans Pilotwings ! Vole à la vitesse d’un piéton au milieu des tours d’acier grises ! Cette fois on est projeté au milieu d’un vrai simulateur de vol, des indications ineptes et inutiles zèbrent l’écran gris comme autant d’appels à l’aide de l’Amiga qui, décidément, n’en peut plus d’ennui. On se laisse bercer par le simple bruit du réacteur et on se surprend à flâner loin d’un hypothétique champ de bataille (Il paraît qu’il faut se battre, mais je n’ai jamais trouvé contre qui, ils sont peut-être rentrés chez eux parce qu’ils s’emmerdaient.) des heures durant loin au dessus de Detroit, loin au dessus des fourgonnettes grises, loin au dessus des vies mornes des habitants, loin au dessus des otages… Il n’y aura jamais de Game Over pour Robocop, un dimanche après l’autre, comme un rituel navrant, je remets les disquettes dans le lecteur de mon Amiga 2000, je m’ennuie, mais je sais que je recommencerais dans une semaine.


Bonus Tracks

Maniacs of Noise
1- Le thème principal, mortuaire et pachydermique
(MOD)
2- Le thème de la voiture, moustico-narcoleptique
(Mp3)



 
 
 
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